Qu’est ce qu’un colza hybride restauré ?

Un colza hybride restauré est le résultat du croisement de deux lignées de colza : une lignée parentale femelle et une lignée parentale mâle.

Lignée parentale « femelle »

Les variétés hybrides sont produites par croisement d’une lignée parentale fernelle mâle-stérile (c.-à-d. non productrice de pollen), et une lignée parentale mâle restauratrice, productrice de pollen, qui restaure 100 % de la fertilité mâle ; on obtient ainsi un hybride fertile.

Dans le système hybride Ogura, utilisé par DSV, il est relativement simple de produire des lignées parentales femelles stériles, comparativement au système MSL alternatif, mis en œuvre par certains sélectionneurs, étant donné que la stérilité peut perdurer sur plus d’une génération. L’un des éléments clés de DSV au niveau de son programme de sélection consiste à développer des pools de différents types génétiques de lignées parentales fernelles. Il est également essentiel de prendre en compte dans quelle mesure les lignées mâles et femelles peuvent se combiner entre elles. Par exemple, si la femelle fleurit avant le mâle, cela risque de compliquer le croisement, puisque la pollinisation ne sera pas aussi efficace et que le rendement en semences s’en trouvera diminué.

Lignée parentale « mâle »

Le pollinisateur mâle doit restaurer la fertilité des semences récoltées chez les femelles. Or, dans le système Ogura, contrairement à ce qui se passe dans le système MSL, les plantes de colza oléagineux productrices de pollen ne peuvent pas, toutes, « restaurer » la fertilité mâle. Cela est dû au fait que le gène responsable de la stérilité mâle est originairement issu de plantes de radis et est localisé dans l’ADN cytoplasmique plutôt que dans l’ADN nucléaire. Autrement dit, la plante mâle doit être capable d’annuler la stérilité mâle dans le cytoplasme, ce que les variétés ne savent pas toutes faire. Les restaureurs mâles n’ont pas forcément la valeur agronomique la plus élevée. En fait, il s’agit assez fréquemment de variétés que vous ne souhaiteriez pas cultiver à des fins commerciales. Elles sont sélectionnées parce qu’elles sont intéressantes sur le plan génétique.

L’éloignement génétique des lignées mâle et femelle est déterminant pour le succès des hybrides restaurés. Si des pools de matériels suffisamment éloignés génétiquement les uns des autres peuvent être développés, des hétérosis sont obtenus. La combinaison de ces hétérosis donnent une plus grande vigueur hybride et un rendement plus élevé.

Production de semences

Quand les lignées mâles et femelles ont été identifiées, les sélectionneurs mettent en place une petite production de semences sous cage anti pollinique à l’abri de toute pollinisation extérieure. Cette production permet de produire à la fois des volumes importants de semences à partir de ces lignées, et d’obtenir des petites quantités de semences d’hybride F1 destinées aux essais. Malgré le fait que seules certaines lignées mâles sont capables de restaurer la fertilité, des pollens étrangers peuvent aisément polliniser la lignée parentale fernelle. Les semences issues de plantes pollinisées par des pollens étrangers ne seraient dans ces conditions plus la variété retenue par le sélectionneur qui cherche à la produire. Ces semences peuvent également s’avérer encore mâle stérile. Afin de prévenir toute pollinisation étrangère et indésirable, le sélectionneur utilise des cages anti polliniques constituées de soie ne laissant ainsi passer aucun pollen étranger. Comme ces cages anti polliniques limitent fortement la pollinisation entomophile, le sélectionneur utilisent différentes espèces de bourdons et mouches qui vont assurer la pollinisation en travaillant de surcroit à des températures différentes selon les espèces employées. La soie constitue en effet un réel filtre au pollen extérieur à la cage mais aussi au vent. Les mouches et bourdons vont ainsi se substituer au vent en assurant la pollinisation.

Sachets d’autofécondation

Le sélectionneur choisit les plantes individuellement qui seront porteuses des propriétés qu’il recherche dans la sélection du colza hybride.

Les plantes identifiées sont alors autopollinisées ou autofécondées. Pour garantir que la semence produite est bien la réplique génétique de la variété identifiée par le sélectionneur, les plantes sont alors coiffées avant floraison, d’un sachet d’autofécondation, évitant ainsi toute pollinisation par toute autre plante de colza oléagineux.

La semence de ces plantes est alors généralement utilisée pour l’obtention de lignées parentales mâles. Les lignées parentales femelles peuvent également être produites avec des sachets d’a utofécondation, mais elles nécessitent d’être pollinisées par une lignée « mainteneuse », ce qui signifie que la semence est mâle-stérile.

Production de semences sur exploitation

Les producteurs de semences utilisent généralement un semoir 12 rangs pour semer trois rangs de la lignée parentale mâle et neuf rangs de la lignée parentale femelle. Le semis ainsi réalisé donne un bloc de six rangs de la lignée parentale mâle de part et d’autre de 18 rangs de la lignée parentale femelle. La floraison de la lignée parentale mâle est normalement plus précoce que la lignée parentale femelle. Le multiplicateur de semences peut allonger la période de floraison mâle en coupant une partie des plantes mâles pendant la croissance , les plantes ainsi coupées fleurissent trois semaines plus tard. Cette méthode permet d’augmenter le rendement grâce à une disponibilité plus longue du pollen durant la phase de floraison de la lignée parentale femelle. La lignée parentale mâle est alors coupée puisqu’elle produira des semences qui ne sont pas l’hybride F1 que l’on souhaite. En conséquence seuls 60 à 70 % de la parcelle est récoltée en vue de la production de semences, augmentant ainsi les coûts de production de l’hybride.

Intérêt des hybrides

Les hybrides sont généralement 10 à 15 % plus hauts que les variétés traditionnelles ou lignées. Le sélectionneur essaie de combiner du matériel génétique susceptible de réduire cette hauteur tout en améliorant la productivité.

L’objectif est d’obtenir 25 à 30 plantes / m² au printemps, en semant 30 à 35 grains / m². Si la densité est trop forte, la plante est capable de produire davantage de siliques, mais la concurrence ou l’auto compétition entre plantes diminuera le rendement des plantes individuelles.


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